Pascal PICQ

Pascal PICQ
Paléoanthropologue au Collège de France
Administrateur du Muséum national d’Histoire naturelle

Pascal Picq est un paléoanthropologue français, maître de conférences au Collège de France où il collabore avec le professeur Yves Coppens. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques autour de la question de « Qu’est-ce que l’humain ? ».

Engagé dans des études de physique, il mène deux cursus en parallèle en physique théorique (université Paris VI) et en archéologie préhistorique (université Paris I). Après un DEA de paléontologie des vertébrés et de paléontologie humaine et une thèse (université Paris VI), il part au Duke University Medical Center pour des études post-doctorales qui se prolongent par une position de chercheur associé et d’instructeur en anatomie.

Ses recherches s’intéressent à l’évolution du crâne des hominidés, ce qui comprend les hommes et leurs ancêtres ainsi que les grands singes. Elles s’appuient sur une approche expérimentale qui s’inscrit dans le cadre de la morphologie évolutive. Cela conduit, entre autre, à reconstituer la signification fonctionnelle et adaptative du crâne des hominidés en rapport avec les facteurs de sélection naturelle et de sélection sexuelle.

(source: www.pascalpicq.fr)


Conférénce :

Comment faire de vieux os pour les vivants et les fossiles?

L'os est l'un des plus beaux exemples des contraintes et des bricolages de l'évolution. Tous les vertébrés ont du trouver des adaptatations à une diversité étonnante de fonctions locomotrices et masticatrices en jouant sur les tailles et les formes, ce qu'on appelle la morphologie. Tissu on ne peut plus vivant et adaptatif, il est heureux que celles et ceux qui font un bon usage de leur squelette pendant leur vie laissent des os plus solides pour les paléoanthropologues du futur. C'est en voyageant entre les connaissances actuelles de la biomécanique sur les relations entre forme et fonction - principe d'actualisme -, et dans une perspective évolutionniste, que les paléoanthropologue arrivent à reconstituer des aspects de plus en plus précis des modes de locomotion et d'alimentation de nos ancêtres. Ce qui permet aussi, au passage, de récuser pas mal de clichés erronés qui traînent dans les sciences médicales et paramédicales actuelles.


Jean-Marie BRIAND

Jean-Marie Briand, est ostéopathe attaché à la maternité de l’Hôpital Privé d’Antony depuis 15 ans. Il a enseigné 10 ans l’anatomie et les techniques ostéopathiques crâniennes. Cofondateur d’« Osteonat » en 2005, il enseigne l’approche ostéopathique périnatale aux professionnels. Il est également enseignant à l’université Paris 7 Diderot


Tous les ostéopathes habitués à travailler sur le nouveau-né, sont amenés à se poser la question : « que va devenir le schéma lésionnel de l’enfant avec lequel je suis en train de travailler ? Peut-t-il totalement disparaître ? Va-t-il se réorganiser ? Quelle va être son évolution sur le très long terme ? Va-t-il être à l’origine d’autres symptômes ? Quel est alors ma place d’ostéopathe dans cette très longue trajectoire ? »

L’approche ostéopathique cherche à déterminer manuellement l’adaptation d’un individu à son environnement. La « Dysfonction Ostéopathique », qui est actuellement l’élément académique clé de cette évaluation étant limitée à la notion de perte de mobilité, elle permet difficilement de répondre à toutes ces questions.

L’approche ostéopathique a pourtant la possibilité d’aborder ces sujets de façon pertinente, pour peu que ce soit en collaboration scientifique et clinique avec les autres acteurs de la santé et de la science. Cette intervention cherche donc à montrer que contrairement à une idée répandue, il existe des correspondances entre ce que nous, ostéopathes, proposons sur le plan thérapeutique, et les observations issues des autres spécialités ; l’idée est donc de proposer à la réflexion des participants un début d’inventaire de ces points communs, qui peut être un des moyens utiles pour plus facilement travailler ensemble.


Max GIRARDIN

Ostéopathe D.O. practicien international, Prosecteur anatomiste, chargé de cours (anatomie, embryologie, physiologie, philosophie : complexité et évolution), conférencier, écrivain et organisateur du programme post graduat Evost.

La fonction selon les circonstances … Ou la petite histoire de la lésion-dysfonction, qui n’a rien à voir avec l’ostéopathie traditionnelle et ses solutions possibles?


« L’ostéopathie est trouvé dans la nature, l’ostéopathie est fondé sur la nature, l’ostéopathie est la nature » , cette citation du dr. AT. Still de 1894 représente une des essences de la philosophie de la profession mais qui est malheureusement trop souvent oubliée aujourd’hui. Présentation de l’algorithme de base et historique de l’évolution de la profession ostéopathique avec ses conséquences non voulues ; ou la petite histoire de la lésion-dysfonction et technique manuelle, qui n’a rien à voir avec l’ostéopathie traditionnelle…


Monique HADDAD

Oralité et prématurité, le regard de l’orthophoniste

M. Haddad est orthophoniste attachée d’enseignement au DUEFO, Université Pierre et Marie Curie, Paris VI, à l’école d’orthophonie des universités de médecine de Poitiers et Tours.

L’oralité est un concept issu du vocabulaire de la psychanalyse, dont le sens a été détourné par les orthophonistes pour signifier l’ensemble des fonctions dévolues à la face. L’oralité est double : alimentaire et verbale. On parle d’oralité primaire à la naissance : le nouveau-né tête et crie, puis d’oralité secondaire quand la mastication et le langage se mettent en place . La prématurité représente 60 000 à 65 000 naissances par an, chiffre en constante augmentation, surtout pour la très grande prématurité, ce qui représente un véritable problème de santé publique. Rappelons que l’on considère comme prématurée toute naissance avant le terme de 37 semaines d’aménorrhée (le terme étant calculé à partir du premier jour des dernières règles de la future mère) et que la limite inférieure de la prématurité se situe à 22 SA et/ou un poids minimum de 500g (Définition de l’OMS). Or, lors d’une naissance prématurée l’oralité est souvent mise en danger.


Téter un acte complexe
Téter est un acte complexe qui nécessite la coordination d’un certain nombre d’actes décrits dans la littérature sous le nom de « réflexes de survie » ou « aptitudes bucco-faciales innées ». Le bébé devra se diriger vers la source alimentaire, mettre en bouche le sein ou le biberon, ingérer le lait, puis viendra une phase de réplétion et de digestion. Tous ces mécanismes sont présents chez le bébé à terme, ce qui lui permet de s’alimenter dès la naissance, donc de survivre. Or, lorsqu’on observe un bébé prématuré, on s’aperçoit que ces mécanismes ne sont pas obligatoirement fonctionnels et ceci d’autant plus que la prématurité est grande. Il y a donc dans ces réflexes une grande part d’automatisme, et, qui dit automatisme, dit apprentissage. Cet apprentissage, se faisant tout au long de la vie fœtale avec une accélération dans le troisième trimestre de la grossesse, est interrompu par la naissance prématurée.

Développement des mécanismes de succion
Chez le fœtus, si les premières déglutitions et les premiers mouvements de succion apparaissent entre 10 et 15 semaines d’aménorrhée (SA), leur coordination se fait au cours du troisième trimestre de la grossesse ; à savoir autour de 29 SA pour la succion non nutritive (succion hors contexte alimentaire ou succion plaisir), 32-35 SA pour la succion nutritive (en contexte alimentaire). Ces deux mécanismes se composent de mouvements de pression et d’aspiration. Ils évoluent dans un continuum. Ainsi, la SNN automatise la composante amplitude qui sera nécessaire à une bonne prise alimentaire : la force des mouvements de succion d’un bébé de 30SA exercée sur une tétine est la même que celle d’un bébé à terme. La SN, pour sa part, met en place la composante fréquence nécessaire à une prise alimentaire réussie. Plus la prématurité est grande, moins les mécanismes de succion sont correctement automatisés. Ceci s’explique d’une part par le fait que les enfants grands prématurés sont majoritairement nourris par sonde gastrique et ne bénéficient donc plus de l’entraînement naturel lié à l’ingestion régulière de liquide amniotique. D’autre part, ces enfants sont soumis à un certain nombre de soins autour de la sphère orale (pose de sonde d’intubation, de sonde naso ou oro-gastrique, aspirations répétées, soins péri ou intra buccaux…) qui peuvent être vécus comme des expériences sensorielles désagréables voire douloureuses. L’ensemble de ces stimulations manquantes ou inappropriées au niveau de la sphère buccale peut entraîner un désinvestissement de la sphère orale, des difficultés de prise alimentaire, et parfois un refus de s’alimenter. Ainsi, pour s ‘alimenter correctement l’enfant devra coordonner recherche de la source alimentaire, succion, déglutition et respiration. Ce qui n’est possible qu’entre 35 et 37 SA .

Prise en charge de l’oralité en néonatologie
Afin de pallier l’apparition de ces divers troubles, les soins de développement prennent à présent, dans les services de néonatologie, une place aussi importante que les soins médicaux. Des programmes de prévention, comme les soins NIDCAP ont vu le jour. Les kinésithérapeutes, les psychomotriciens, les psychologues, se sont penchés sur le sujet.
Les orthophonistes, eux, proposent au sein des services de néonatologie des programmes de stimulation de la sphère orale, le plus souvent composés de stimulations tactiles à réponses motrices ou sensorielles, dans le but d’entraîner des coordinations nouvelles à la base d’une bonne prise alimentaire. Dans nos travaux, en plus de ces stimulations, nous cherchons à stimuler les mécanismes de succion dans leur globalité et c’est ainsi que nous avons été amenés à nous intéresser à une autre modalité de stimulation sensorielle : l’olfaction.
Dans toutes ces études menées en partenariat avec le CNRS de Strasbourg, les performances buccales des enfants prématurés ont été recueillies à l'aide d'une tétine munie de capteurs permettant d'enregistrer avec précision les mouvements d'écrasement et d'aspiration.

Les résultats indiquent que :
  • un stimulus olfactif est particulièrement efficace pour déclencher des mouvements de succion ;
  • l’alternance de stimulations olfactives permet de maintenir un niveau d’activation buccale élevé pendant plusieurs minutes ;
  • l’enfant peut être stimulé avant et pendant le gavage ;
  • l’utilisation d’odeurs familières renforce les réponses de l’enfant et facilite la transition vers le milieu familial.

En conclusion : les études conduites à ce jour montrent que les stimulations olfactives peuvent déclencher une activité buccale chez l’enfant prématuré, et peuvent donc être intégrées dans des programmes de stimulations de la sphère orale. L’exercice de la succion à l’aide de stimulations olfactives alimentaires permet de renforcer et d’automatiser ses composantes et devrait donc permettre de raccourcir la durée du séjour hospitalier puisque l’autonomie alimentaire reste un des principaux critères de sortie. Toutefois, d’autres critères entrent en jeu dans l’acquisition de l’autonomie alimentaire. Certains enfants, par exemple présentant des difficultés de mobilisation du cou, en liaison avec une mal position intra-utérine, s’alimentent préférentiellement à un sein et refusent l’autre. Le regard de l’ostéopathe, dans ce cas et dans d’autres serait, lui aussi, le bien venu . Les troubles précoces de l’oralité peuvent avoir des conséquences à long terme comme des difficultés à entrer dans une alimentation variée, le refus des morceaux, des préférences ou phobies alimentaires ; mais aussi des difficultés à construire de bonnes praxies articulatoires qui affecteront la parole et des difficultés à passer à une déglutition secondaire qui pourraient nuire à l’harmonie de la verticalité. C’est pourquoi, la prise en charge de l’oralité du bébé prématurée doit faire partie intégrante des soins prodigués dans les services de néonatologie.


Remerciements à
D. Bureau, C. Carer, L. Rappaport, L. Roullier-Gall ,M. Errera, H . Mothais , B. Mercier, L. Monsaingeon : orthophonistes L. Marlier :Chercheur au CNRS, CNRS-UdS-ICube, Strasbourg
Dont les travaux ont inspiré cet article.


Yves LEPERS

Licence en kinésithérapie à l'Université de Bruxelles en 1973
Diplômé d'ostéopathie IWGS en 1981
DEA en Philosophie, Histoire et Ethique des Sciences et techniques biomédicales (Université Libre de Bruxelles)
Docteur en Philosophie (Université Libre de Bruxelles)

Professeur à la Faculté des Sciences de la Motricité, section ostéopathie, Université Libre de Bruxelles
Ex directeur pédagogique IWGS
Directeur pédagogique du SCOM (Belgique, Portugal, Pologne)

Président fondateur de l'Académie d'ostéopathie de Belgique
Président fondateur de l'Union Professionnelle de Médecine ostéopathique (réunissant médecins ostéopathes et non-médecins)
Membre effectif de la Chambre d'ostéopathie au ministère belge de la santé
Membre effectif du comité d'éthique des Hôpitaux Universitaires de Bruxelles (réseau Iris sud).

Le thème de la conférence sera:

"De la lésion à la dysfonction ostéopathique. Histoire d'un mythe ?"


A partir de la pensée et des écrits de Still, nous retracerons l'histoire du concept de lésion ostéopathique et comment de la lésion nous sommes passés au concept de dysfonction. Derrière ces concepts y a t-il une réalité perceptible, palpable, mesurable ? Sur base de cette réflexion, dont on ne peut faire l'économie, se pose la question de l'identité ostéopathique. L'ostéopathie existe-t'elle sans ses fondements métaphysiques ? Est-elle un objet de science ou est-elle définitivement une croyance avec les risques de dérives sectaires que cela comporte ?


Dr Guillaume MOREL

Chirurgien orthopédique pédiatrique

Formation en chirurgie orthopédique au sein des Hôpitaux de Paris.
Depuis plus de 20 ans, exerce exclusivement l’orthopédie pédiatrique dans des structures privées et publiques. Consultant dans des maternités de la région parisienne.

Les malpositions et les malformations orthopédiques du nourrisson. Savoir les reconnaître et les différencier. Eléments décisionnels pour une prise en charge précoce.


Les malpositions orthopédiques sont fréquentes chez le nourrisson et sources d’inquiétude pour la famille. Il faut tout d’abord les différencier formellement des malformations dont la prise en charge et le pronostic sont bien différents.

Nous étudierons, segment par segment, les différentes malpositions et autres désordres posturaux dans leur présentation clinique. L’essentiel étant de bien appréhender les limites de la « normalité », compte tenu des antécédents obstétricaux et familiaux.

Ces syndromes posturaux ont des conséquences fonctionnelles bien connues, à court et moyen terme. Nous passerons en revue les critères décisionnels, essentiellement cliniques, autorisant une prise en charge orthopédique précoce.

Enfin nous essaierons de définir la place respective des différents intervenants (chirurgien orthopédiste, kinésithérapeute, ostéopathe …) dans cette prise en charge précoce.


Dr Michael NORD

Ostéopathe, médecin
Ancien chirurgien orthopédique pédiatrique

L'épigénétique
L’épigénétique constitue l’approche de l’hérédité par les interactions que nos gènes et leur expression entretiennent avec l’environnement. L’ostéopathe se doit de comprendre cette approche pour mieux appréhender son geste et savoir contourner certains écueils thérapeutiques.

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